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SMCC - Ministère de la Culture et de la Communication - Rabat - Maroc


SMCC - Ministère de la Culture et de la Communication


Concevoir le siège du ministère de la culture est indéniablement un acte hautement symbolique dont l’expression architecturale ne doit céder ni au pastiche ni au gestuel sans contenu. Nous pensons que la cohérence de l’écriture architecturale s’impose pour former un édifice à l’identité forte par le truchement d’une composition singulière dans le contexte urbain. Cette dernière est basée sur une imbrication de volumes simples mais sophistiqués dont le rôle est de dégager un sens ; celui d’un édifice officiel dont l’architecture doit tenir compte de l’aspect climatique. L’économie d’énergie est en effet un facteur qui a guidé la conception du projet. Au-delà d’une réponse à un programme et aux interactions entres ses composants, notre démarche a été présidée par la voie de la signification. Nous avons cherché à savoir comment exprimer le statut d’un ministère. Le projet a été pensé de manière à permettre une identification spatiale claire tout en créant un évènement urbain par le biais de lignes et de volumes purs. Une attention particulière a été dédiée au dessin de la séquence d’entrée publique et au patio, véritable cœur du projet devant exprimer la vivacité culturelle du royaume. Le choix des matériaux vient encrer le projet dans sa territorialité ; la pierre de Shoul, le travail du bois et la blancheur des surfaces pleines, caractéristiques d’une architecture résolument marocaine. Le site du nouveau siège du ministère de la culture s’implante à l’extrémité du Mahaj Riad bénéficiant d’une vue remarquable sur l’axe, la mosquée et son jardin. Il est à cheval entre la rue Al Jommayz constituant sa façade principale et une impasse de desserte arrière. La parcelle partage une mitoyenneté avec le ministère de l’emploi et des affaires sociales libérant un passage sous saba en double hauteur et est entouré par une multitude de bâtiments officiels créant un tissu urbain très épars. Comment donner une présence à l’édifice dans un contexte urbain et architectural aussi hétéroclite ? Nous pensons que c’est par la cohérence de sa composition. Sur le plan morphologique et urbain, nous avons ainsi observé un retrait pour créer un parvis sur la rue Al Jommayz, nécessaire pour accentuer le statut public de l’édifice et marquer son entrée. Cet espace est aussi un lieu pour recevoir une sculpture monumentale représentative du travail de nos sculpteurs nationaux, au choix du ministère.

Tout en respectant les directives du règlement urbain, nous avons sculpté le gabarit initial dans le but de donner sens à ce contenant, car le corps architectural est intimement lié à la symbolique qu’il doit transmettre. La masse pleine du rez-de-chaussée et l’utilisation de la pierre locale sont liés à l’enracinement, l’utilisation du bois renforce l’identité locale et permet de faire participer l’artisanat à l’architecture. Le volume du noyau vertical s’affirme dans la composition et devient support de l’écusson et du drapeau du royaume tout en indiquant l’entrée publique. Cette dernière est également affirmée par les deux niveaux supérieurs qui marquent l’alignement formant un auvent. En façade Sud-Est, plutôt que respecter le double recul en gradin suggéré par le règlement, nous avons choisi de créer un recul de 6m à partir du 4ème étage libérant une terrasse commune pour le personnel du ministère. Nous avons également pris le parti d’articuler le bâtiment autour d’un patio rectangulaire plus fonctionnel et libérant un espace plus généreux que le patio hexagonal préconisé par le plan de lotissement. Par le biais de parois coulissantes, ce dernier pourra servir d’extension à la salle de conférence pour former un grand espace évènementiel. Le patio fera également office de prolongement du restaurant. En mitoyenneté avec le ministère de l’emploi et des affaires sociales, nous avons créé une cour permettant de ventiler et d’éclairer d’avantage les espaces intérieurs. Enfin, la volumétrie du bâtiment répond également à son exposition solaire par le biais d’une deuxième peau constituée de brise-soleil verticaux et horizontaux dont l’entre-axe varie en fonction des différentes orientations et des vues sur l’environnement.

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